anglais

L’anglais est une matière souvent sous-estimée en prépa, alors qu’elle peut faire toute la différence aux concours. À EDHEC, l’épreuve d’anglais a un coefficient 5 pour les mathématiques appliquées, soit l’équivalent d’une épreuve de maths ou d’économie. Par ailleurs, l’anglais est également l’une des matières les plus « sûres », c’est-à-dire que le travail régulier est censé payer. Pourtant, beaucoup d’élèves se heurtent à un paradoxe bien connu : « Je travaille mon anglais, je fais mes thèmes et mes versions, je lis The Economist… mais mes notes stagnent. » Si tu te reconnais dans cette phrase, cet article est pour toi. On va chercher à comprendre ce qui te bloque, avant de proposer, dans la deuxième partie, des méthodes concrètes pour enfin progresser en anglais.

Premier blocage : tu apprends sans retenir

Le faux apprentissage passif

Lire des articles en anglais, écouter des podcasts, regarder des séries… tout cela semble utile, mais souvent, tu ne retiens rien durablement.

En prépa, le temps est compté, et il faut que chaque minute passée à « travailler » rapporte des points. Or, si tu te contentes de « consommer » de l’anglais, tu apprends moins que tu ne le crois.

Prenons un exemple concret

Tu lis un article du Guardian sur la politique américaine. Tu comprends le sens général, mais tu ne notes pas les expressions utiles, comme to crack down on, to come under fire ou a far cry from. Résultat : tu as l’impression d’avoir « fait de l’anglais », mais en réalité, tu n’as rien consolidé. Tout du moins, tu aurais pu progresser davantage avec un travail plus actif.

La mémoire de court terme contre la mémoire active

Beaucoup d’élèves apprennent du vocabulaire à la va-vite avant une colle ou une évaluation. Mais la mémoire de court terme ne suffit pas. Le secret, c’est la réactivation active, c’est-à-dire revoir les mots plusieurs fois à intervalles espacés, en les utilisant.

Exemple : au lieu de simplement lire ta liste de vocabulaire, crée des cartes Anki ou Quizlet avec le mot en contexte.

  • Recto : to turn a blind eye to something

  • Verso : Fermer les yeux sur quelque chose – Ex : The government turned a blind eye to corruption.

Cette méthode paraît longue, mais elle crée un effet boule de neige : tu réutilises ensuite ces expressions naturellement à l’écrit et à l’oral. C’est comme ça que tu vas progresser en anglais.

Deuxième blocage : tu fais des thèmes et des versions sans progresser

Tu traduis, mais tu ne réfléchis pas

Le thème et la version ne servent pas seulement à « s’entraîner », ils servent à réfléchir à la logique de la langue anglaise. Or, beaucoup d’élèves les font comme des exercices mécaniques : ils traduisent, corrigent et passent à autre chose.

Exemple classique

Il travaille depuis deux ans. → Tu traduis : He works since two years.

Tu corriges : He has been working for two years.

Et tu continues ton devoir.

Mais si tu ne t’arrêtes pas pour comprendre pourquoi, tu referas la même faute la semaine suivante. Quand tu corriges, note la règle grammaticale en jeu et fais trois phrases supplémentaires avec la bonne structure. Tu peux demander à ChatGPT de te proposer des phrases de thème avec ce point de grammaire précis. En 10 minutes, tu transformes une erreur ponctuelle en progrès durable. L’objectif n’est pas d’avoir fini ton thème en 30 minutes, mais d’avoir appris des choses et de ne plus faire les mêmes erreurs.

Tu ne fais pas assez de « thèmes de restitution »

Même si tu corriges bien ton thème/version et que tu revois l’ensemble des règles de grammaire qui t’ont posé problème, cela ne suffit pas. Il ne faut pas qu’une semaine après, tu aies tout oublié.

Une excellente méthode consiste à refaire le thème une semaine plus tard, sans regarder la correction. L’objectif est de voir si tu t’es amélioré(e), si tu as compris. Et c’est redoutablement efficace : les tournures reviennent naturellement et tu cesses de refaire les mêmes erreurs. On revient là sur l’importance de la révision espacée.

Troisième blocage : tu écris comme un Français

La plupart des élèves de prépa écrivent leur essai comme s’ils traduisaient du français. Résultat : des phrases bancales, des idées mal hiérarchisées et un style qui ne « sonne pas anglais ».

Exemple typique

This problem is very important because it shows that the society is evolving.

Ce genre de phrase est grammaticalement correcte, mais trop littérale, sans relief.

En anglais, on écrirait plutôt :

This issue matters as it sheds light on the deep transformations our societies are undergoing.

Tu vois la différence ? La deuxième phrase est plus idiomatique, plus naturelle. Évidemment, il n’est pas nécessaire d’avoir toujours des tournures parfaitement idiomatiques pour prétendre à une très bonne note. Néanmoins, quand tu lis un bon article ou un corrigé d’essai, note les connecteurs et tournures utiles :

  • It is worth noting that…

  • By no means should we assume that…

  • This trend reflects a deeper shift in…

Tu peux ensuite les classer par fonctions (introduction, opposition, conclusion…).

Quatrième blocage : tu ne travailles pas « dans le bon format concours »

C’est l’une des erreurs les plus fréquentes : tu fais de l’anglais, mais pas de l’anglais de type concours. Tu travailles ton anglais « général » (grammaire, vocabulaire, compréhension), mais tu ne t’exerces pas dans les conditions des concours. Résultat : le jour du DS, tu es dépassé(e) par la gestion du temps, la rigueur attendue dans l’essai ou les exigences de traduction.

Exemple

Tu ne fais jamais d’essais de 500 mots en 1 h 30-2 heures.

Ou tu lis des articles de The Economist, mais tu ne penses pas à faire un résumé analytique et comparatif en 300 mots.

Conseil : chaque semaine, fais un entraînement au format concours :

  • un thème en 20-30 minutes max ;

  • si tu as le temps (le week-end), rédige un essai.

Ce travail ciblé te permet d’intégrer les automatismes qui vont t’être très utiles pour les concours. Tu vas trouver ta propre méthode. Le jour du concours, tu auras déjà fait une quinzaine d’essais et tu seras parfaitement prêt(e) pour ce type d’exercice. Pour les thèmes, je te propose ceux produits par Major Prépa.

Cinquième blocage : tu travailles sans feed-back

Tu n’as pas de regard extérieur

Beaucoup d’élèves travaillent seuls, corrigent seuls et pensent progresser. Mais sans retour extérieur, on tourne en rond. Un professeur, un khôlleur ou même un camarade peut te faire remarquer des erreurs que tu ne vois plus : tes phrases sont trop longues, tu abuses des mots passe-partout…

N’hésite pas à demander de l’aide à ton professeur, ou à tes amis qui sont forts en anglais. Tu peux également demander à ChatGPT de corriger ton essai en expliquant toutes tes erreurs.

Tu ne fais pas d’autoévaluation ciblée

Tu peux aussi apprendre à t’autocorriger efficacement. Après chaque essai ou thème, relis ton travail avec une grille de contrôle :

  • Ai-je varié les connecteurs ?

  • Ai-je utilisé des expressions idiomatiques ?

  • Ai-je évité les erreurs typiques (since/for, the/Ø, despite of…) ?

Créer cette routine de vérification, c’est devenir acteur de ta progression.

Conclusion : identifier tes blocages, c’est déjà progresser

Le premier pas vers le progrès, c’est de comprendre pourquoi tu stagnes. Si tu te reconnais dans plusieurs de ces points, rassure-toi : c’est normal. L’anglais est une matière exigeante, mais prévisible, le travail bien orienté finit toujours par payer. Désormais, progresser en anglais est à portée de main.

Dans la Partie 2, on verra comment passer à l’action : quelles méthodes concrètes adopter, comment travailler efficacement en 30 minutes par jour et comment transformer ta frustration en véritable progression.