progresser

Nous avons vu dans la partie 1 ce qui peut te bloquer : apprentissage passif, absence de méthode, manque de feed-back… Mais maintenant, passons à l’action. Car travailler plus ne suffit pas, surtout en prépa. L’objectif, c’est de travailler mieux. Dans ce dernier article, on va voir comment structurer ton travail d’anglais pour enfin observer des progrès visibles, à l’oral comme à l’écrit.

Comment apprendre activement ?

Faire vivre son vocabulaire

Apprendre du vocabulaire sans l’utiliser, c’est un réel problème. Beaucoup d’élèves recopient des listes, les relisent avant les DS, puis les oublient. Le vocabulaire doit te servir à exprimer une idée dans un essai. Pour progresser, il faut faire vivre les mots.

Pour faire vivre les mots, la méthode du tri actif est pertinente. Quand tu apprends une nouvelle expression :

  • 1re étape : écris-la dans un contexte concret (une phrase qui t’est propre). Tu peux réutiliser la phrase dans laquelle tu as trouvé le mot de vocabulaire.

  • 2e étape : revois-la régulièrement avec un système de répétition espacée (Anki).

  • 3e étape : réutilise-la dans une rédaction, un thème ou une colle. Il faut se forcer à l’utiliser dans une autre phrase. Cette étape est la plus importante.

Exemple

Tu apprends « to call into question » dans une phrase de The Economist : The policy was called into question by several MPs.

  • Tu mets cette phrase dans Anki et tu la revois régulièrement.
  • Puis, la semaine suivante, place l’expression dans ton essai : This decision calls into question the government’s ability to act efficiently.

Au bout d’un mois, cette tournure est ancrée dans ta mémoire active.

Passer de l’apprentissage passif à l’apprentissage actif simplement

Pour progresser en anglais, il faut écouter, lire la langue (lire, écouter, regarder), mais aussi l’écrire, la parler. Beaucoup d’élèves se contentent de lire des articles ou d’écouter des podcasts, mais sans jamais reformuler.

Je te propose un exercice simple, mais redoutable, qui m’a été très utile : le shadowing. Choisis un court extrait audio (BBC Learning English, The Economist podcast, Ted Talk).

  • Écoute une phrase, puis répète-la à voix haute en imitant l’accent et le rythme.

  • Répète l’exercice 10 minutes par jour.

Résultat : tu améliores à la fois ta prononciation, ta fluidité orale et ta mémoire auditive. Tu vas également t’améliorer à l’écrit. Tu vas « sentir » si ce que tu écris sonne juste.

Comment travailler selon les exigences des concours ?

Pour l’essai : structure et automatisme

L’essai d’anglais en prépa est un exercice très codé. Ce n’est pas un exercice de créativité, mais de rigueur et d’argumentation claire. Si tu suis les conseils donnés dans la partie 1, tu vas rédiger plusieurs essais. À force, tu vas remarquer que tous tes essais ont la même structure. Pour améliorer rapidement et simplement tes essais, tu peux préparer des blocs de phrases réutilisables :

  • Introduction type : This topic raises key questions about…

  • Annonce de plan : To shed light on this issue, we will first examine… before analysing…

  • Transition : Yet, this perspective overlooks…

  • Conclusion : Ultimately, this debate reflects a broader challenge in our societies.

Ces formulations te feront gagner du temps le jour du DS ou du concours, tout en donnant à ta copie un style fluide et académique.

Ensuite, travaille par mini-essais : au lieu de rédiger 500 mots d’un coup, entraîne-toi à écrire des paragraphes complets (introduction + idée + exemple). C’est la clé pour automatiser ta rédaction.

Pour le thème et la version : la stratégie du « focus »

Le thème et la version ne sont pas des exercices de volume, mais de précision. Mieux vaut traduire cinq phrases parfaitement comprises et expliquées que 20 phrases traduites à moitié. Ton travail de thème ou de version doit être ciblé sur les points de grammaire que tu ne maîtrises pas.

Exemple : tu bloques sur les prépositions de lieu (in, on, at) ? Crée une mini-séance « prépositions » et fais des phrases de thème comportant ces prépositions. Tu peux demander à une IA de te proposer des phrases ou utiliser des livres, comme An Apple A Day.

Comment mettre en place une routine réaliste ?

Le principe du « 30 minutes par jour »

L’un des grands pièges de la prépa, c’est de se dire : « Je ferai de l’anglais ce week-end. » Mais, le week-end, tu révises les maths, l’éco, la géopo pour récupérer ton retard, et l’anglais passe à la trappe. La solution est de créer une mini-routine quotidienne, courte mais régulière.

Si tu es en grande difficulté, tu peux en faire 1 heure par jour. Mais en faisant 30 minutes par jour, tu vas très vite progresser. Voici un exemple de routine sur une semaine :

  • Lundi : 30 minutes de thème

  • Mardi : 1 paragraphe d’essai

  • Mercredi : 10 minutes de podcast + shadowing

  • Jeudi : 5 phrases de thème en fonction des erreurs relevées lundi et mardi

  • Vendredi : Apprentissage civi sur Anki

  • Week-end : 1 DS

Tu exposes alors ton cerveau à l’anglais tous les jours, sans surcharge. Et la progression devient visible au bout de quelques semaines.

La méthode du « tableau de suivi »

Pour visualiser ta progression, rien de mieux qu’un tableau (papier ou Excel) où tu notes chaque semaine :

  • tes nouveaux mots appris ;

  • les expressions réutilisées ;

  • les erreurs récurrentes corrigées ;

  • ta note ou ton ressenti en colle/DS.

Cette trace écrite rend visible ta progression invisible. C’est aussi très motivant : tu vois concrètement que tu ne stagnes pas, tu consolides.

Comment tirer parti du feed-back ?

Analyser les copies plutôt que les notes

Quand les copies de DS sont rendues, trop d’élèves regardent uniquement leur note d’anglais. Mais la note n’est qu’un indicateur. Ce qui t’intéresse, c’est ce qui est dans la copie.

Après chaque DS, demande-toi :

  • Ai-je manqué de vocabulaire pour exprimer mes idées ?

  • Mes connecteurs logiques sont-ils variés ?

  • Ai-je fait des erreurs de base (since/for, present perfect, adjectif + nom) ?

Puis, note toutes tes erreurs dans un carnet. La semaine suivante, refais un mini-exercice pour chacune d’elles.

Exemple : si tu as écrit despite of, inscris-le dans ta liste « erreurs interdites » avec la correction despite + nom/in spite of + nom. La semaine d’après, tu pourras faire des essais en essayant d’utiliser cette expression.

Changer sa manière de voir la progression

La progression invisible est la plus précieuse

En anglais, la progression n’est pas linéaire. Tu peux avoir l’impression de stagner pendant des semaines, puis soudain, tout se débloque : tu comprends plus vite, tu écris mieux, tu trouves tes mots. C’est un « déclic » qu’on peut aussi trouver dans les autres matières.

Personnellement, le déclic est arrivé deux semaines avant mon concours de khûbe.

Travailler avec confiance et régularité

Le piège, c’est la comparaison : « Untel a 17 en anglais, moi 12… » Mais le niveau d’anglais ne dépend pas seulement du talent, il dépend surtout de la constance. Un élève partant de 10/20 en septembre, qui travaille 20 à 30 minutes par jour avec une méthode active, peut atteindre 16 ou 17 aux concours.

Il n’est pas nécessaire d’être bilingue pour avoir de telles notes, loin de là… Alors, chaque semaine essaie de progresser doucement, mais sûrement.

Conclusion : la régularité est la clé

Travailler intelligemment l’anglais, c’est choisir la qualité plutôt que la quantité. Ne laisse pas le hasard décider de ta note. Tu as toutes les clés en main pour progresser en anglais.

Si je peux te donner un dernier et ultime conseil, priorise une « langue simple mais vraie » et « une tête bien faite et pas bien pleine ».

N’oublie pas non plus de travailler la civilisation !